#647 L’histoire devant mes yeux

Aujourd’hui, c’était un jour historique. Ce n’est pas juste une loi qui a été adoptée par l’Assemblée Nationale, c’est une avancée majeure de notre société. Aujourd’hui, les couples de personnes de même sexe sont reconnus par la loi de la même manière que les couples de personnes de sexe opposés. Aujourd’hui, quelques jours après les sénateurs, les députés ont donné aux personnes bi ou homosexuelles bien plus que l’égalité dans la loi pour le mariage et l’adoption. Aujourd’hui, il a surtout été reconnu par la loi que nous sommes des personnes comme les autres, que nos amours sont tout aussi belles que celles des hétéros, que l’amour que nous sommes tout autant aptes à élever des enfants. Tout n’est pas encore réglé, il reste encore beaucoup à faire, mais aujourd’hui, c’était un pas de géant pour les personnes LGBT.

Dans dix ou vingt ans, les nouvelles générations auront du mal à croire tout ce qu’on leur racontera sur le climat qui régnait en France à l’hiver et au printemps 2013, avec les manifestations et les agressions homophobes, les menaces d’élus, les émeutes aux Invalides et devant l’Assemblée Nationale… J’ose espérer que l’histoire préfèrera en retenir les admirables discours de Christiane Taubira et Dominique Bertinotti, mais nous n’en oublierons pas pour autant l’homophobie qui s’est exprimée au sein même de l’hémicycle de l’Assemblée. Nous n’oublierons pas les comparaisons qui nous ont été faites à des animaux ou à des objets, quand on ne nous a pas reproché d’être des assassins.

Des premières auditions en commissions à l’Assemblée au vote final d’aujourd’hui, j’ai tenté de suivre le plus possible en direct via Internet chacune des séances de débat. J’ai vu l’histoire de notre société, de notre civilisation, s’écrire devant mes yeux, dans les salles des palais Bourbon et du Luxembourg. Et je n’oublierai pas. Je n’oublierai pas les larmes qu’ont pu me faire verser certain-e-s, je n’oublierai pas que des députés ont failli en venir aux mains, je n’oublierai pas le fou-rire que je me suis pris dans la dernière nuit de la seconde lecture à l’assemblée, quand un député à brandi une ballerine dans l’hémicycle, je n’oublierai pas les touchantes déclarations d’un jeune député homosexuel, ou celles d’une députée mère d’homosexuel, je n’oublierai pas les dizaines et dizaines de rappels au règlement…

Aujourd’hui, l’histoire s’est écrite devant moi, et je ne l’oublierai pas.

LIBERTÉ – ÉGALITÉ – FRATERNITÉ

2013-04-23 20.31.10-1

#646 Apostasie et secte catholique [MÀJ]

#646 Apostasie et secte catholique [MÀJ]

Selon le Wiktionnaire :

apostasie /a.pɔs.ta.zi/ féminin

  1. Abandon public d’une religion pour une autre et, plus particulièrement, de la religion catholique.
    • Tomber dans l’apostasie.

Voilà, cet après-midi j’ai envoyé en recommandé avec accusé de réception ma lettre d’apostasie1, pour demander à être radié des membres de la secte catholique.

J’utilise volontairement le mot secte, car selon moi, la seule différence entre une religion et une secte, c’est qu’une religion est un culte autorisé par l’État.

En principe, un tel culte ne devrait pas poser de danger pour la société. Cependant, au vu des récents événéments autour du projet de loi sur le mariage pour tous, nous sommes en droit de nous demander si le culte chrétien catholique placé sous l’autorité du gourou pape François est vraiment si innofensif. Quand les membres les plus extremistes en viennent à menacer de mort des élus de l’États, à appeler à l’insurrection et à la violence contre certaines parties de la population, ce culte mérite-t-il toujours d’être autorisé dans notre société ? Quand la personne à sa tête a déjà exprimé qu’elle considérait certaines personnes comme imorales pour le seul fait d’être homosexuelles, ce culte mérite-t-il sa place dans notre société laïque qui est sensée promouvoir l’égalité et le respect de tout un chacun ?

Selon moi, le catholicisme est en train d’attiser la haine envers certaines franges de la population et n’a plus sa place dans les cultes autorisés par la République Française. Je ne considère désormais plus ce culte comme une religion, mais comme une secte. Je pense que chacun peut être libre de croire s’il le souhaite aux histoires fantastiques de Jésus, mais l’institution de l’église catholique est en train de pourrir, de la faute d’illuminés qui pensent mieux savoir que les autres ce qui est bon pour l’humanité.

 

Un mois après ma naissance, mes parents m’ont fait baptiser. Je leur pardonne, ils ne pouvaient pas savoir que leur religion tournerait de la sorte, devenant une secte utilisant les deniers récoltés auprès de ses membres pour financer des actions de haine telles qu’on a pu voir fleurir ces derniers mois envers les personnes homosexuelles. Non, l’homophobie ce n’est pas seulement de « casser du pédé », c’est aussi tout ce discours ressassé par les églises, répétant que notre amour vaut moins que le leur, que nous sommes inaptes à élever des enfants… Nous avons été comparés à des pédophiles, à des zoophiles, nous avons été accusés d’être des perpétrateurs d’inceste en puissance, on nous a présenté comme ayant le pouvoir de décimer la population terrestre. Il en est assez. L’église catholique et les autres religions doivent faire face à leur incohérence. Ils ne peuvent plus se prétendre de l’amour éternel de chacun envers son prochain (mais sauf les pédés, les gouines, les bi, les trans, les divorcéEs, les avorteuses, etc.).

 

Cet après-midi, j’ai donc envoyé ma lettre de déclaration d’apostasie à l’évêché de ma paroisse de baptême. Pour réclamer à ce qu’on ne me compte plus, après mon recrutement dans leurs rangs à l’insu de ma volonté à l’âge de seulement un mois, parmi les adeptes de cette secte homophobe, haineuse, intolérante…

 

Pour ceux qui seraient intéressés, voici le texte de ma lettre transmise au diocèse :

 

1 – Lettre d’apostasie anonymisée

Quelques ressources et modèles de lettres, que j’ai utilisés pour la mienne :

http://atheisme.free.fr/Themes/Debaptisation.htm

http://www.pantheresroses.org/Apostasie-mode-d-emploi.html

http://www.lorrainegay.com/apostasie

 


Mise à jour du samedi 20 avril 2013

Mon recommandé ayant été posté après l’heure de levée le samedi 13, celui-ci est parti effectivement le lundi 15, et mercredi, j’ai reçu l’accusé de réception daté du 16 avril.

Aujourd’hui, samedi 20 avril, je reçois une lettre à mon nom. Je reconnais ma propre écriture et l’enveloppe que j’avais jointe à mon courrier le week-end dernier. Un peu surpris d’avoir une réponse aussi rapidement, je l’ouvre pour savoir quelle excuse bidon ils auront trouvé pour refuser ma demande, et à mon grand étonnement, j’y trouve au contraire une réponse positive à ma demande sous la forme d’une lettre de la chancellerie de l’évêché, indiquant que ma demande comportant les pièces nécessaires a bien été prise en compte, ainsi qu’une photocopie de mon acte modifié sur le registre des baptêmes :

Communication de la mention  Acte de baptême modifié

Conformément à ma demande, l’acte a donc été ammendé en précisant que j’avais demandé à être radié des registres. Je me contrefous du fait que les quelques informations me concernant soit toujours visibles dans le registre, l’important pour moi étant surtout que ma demande ait bien été prise en compte et qu’il soit clairement mentionné sur les registre que j’ai rennoncé à faire partie de l’église catholique, qu’ils ne peuvent plus me considérer comme faisant partie des leurs.

Aujourd’hui, je suis joie et bonheur *\o/*

#645 Sur l’homophobie et l’ouverture du mariage

#645 Sur l'homophobie et l'ouverture du mariage

Ce mardi, l’Assemblée Nationale a voté le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. C’est un grand pas en avant, mais nous n’en avons pas fini pour autant. Le chemin de l’égalité est encore bien long avant que la loi ne puisse être promulguée. Et quand bien même les couples homosexuels pourront enfin se marier et se lancer dans les fastidieuses procédures de demande d’adoption, il n’en restera pas moins d’homophobie autour de nous. Il suffit de voir ce à quoi nous avons pu assister mardi : alors que tous les yeux étaient tournés vers l’hémicycle de l’Assemblée Nationale pour écouter les explications de vote des différents groupes politiques, au même moment, dans une salle de conférence du Sénat, le Cardinal André XXIII déversait son homophobie religieuse devant les membres de la commission des lois du Sénat. Car avant que la chambre haute ne débatte sur la petite loi votée par les députés, elle procède d’ores et déjà à des auditions de diverses personnes, dont, ce mardi, les représentants des grands cultes religieux de France.

Et en attendant la saison 2 des débats passionnés que tout le monde suivra attentivement à la manière du #DirectAN, je vous propose de lire ou relire une sélection de quelques billets de blogs que j’ai mis de côté depuis l’automne. Sélection de billets fort bien écrits, par quelques blogueurs que je lis depuis plus ou moins longtemps. Certains depuis quelques semaines seulement, d’autres quelques années. Mais tous ces billets m’ont profondément touché à leur lecture, certains m’ont fait sourire, d’autres m’ont fait pleurer…

Je date et chronologise les billets pour vous repérer.

Tu connais mon avis par Vinsh
25 octobre 2012

C’est la lutte nuptiale par Matoo
7 novembre 2012

L’amour et la peur par Rouge-Cerise
29 octobre 2012

Ce jour là par Rouge-Cerise
18 novembre 2012

L’homophobie ne m’a pas tuer par ThyHee
19 novembre 2012

Crier par Moktoipas
20 novembre 2012

Je ne suis pas un militant par Néwem
20 novembre 2012

Ce jour-là… par Tambour Major
25 novembre 2012

Je suis gay et je le revendique par ThyHee
15 décembre 2012

GAY O.K. par Oslo Ohara
16 décembre 2012

Tous derrière le front homosexuel d’action révolutionnaire par Ditom
16 décembre 2012

L’appel pour le #MariagePourTous par Sailortoshyo
17 décembre 2012

Mais, pourquoi tant de haine ? par Cédric Darval de Bayen
9 janvier 2013

Au nom de tous les miens par Le Pédé de C’est La Gêne
16 janvier 2013

Humiliation. par Oslo Ohara
25 janvier 2013

Vulgaire, indigne et outrancier par Joss d’Avril
28 janvier 2013

L’homme libre par Sailortoshyo
31 janvier 2013

Et vous trouverez plus de textes dans le recueil C’est la lutte nuptiale ! d’Orphéus, qui rassemble les textes répondant à son appel à contributions.

#644 Mon avenir ? Quel avenir ?

#644 Mon avenir ? Quel avenir ?

C’est arrivé vendredi dernier. Mon n+1 était de passage à Paris pour une semaine. Nous étions donc en entretien pour faire le point sur la vie et les boires et déboires de notre bureau parisien dont je suis responsable. Il faut dire que ça n’a pas été drôle ces derniers mois, puisque mes deux traductrices principales ont démissionné et nous ont quitté à quelques semaines d’intervalle. Mais nous avons pour l’instant réussi à tenir bon avec l’autre chef de projet du bureau et les traductrices apprenties en alternance qui font du bon boulot. Puis le sujet est passé à l’avenir et l’évolution de la société, et dans tout ça est venu l’idée que chacun devrait planifier un projet de développement personnel dans l’entreprise, un projet de développement à 18 mois. Et à cet instant, j’ai réalisé une chose.

Je n’ai aucun projet d’avenir. Ni professionnel, ni personnel.

Je n’ai aucun plan dans ma vie. Je suis incapable de prévoir quoi que ce soit à l’avance. La chose que j’ai prévue le plus en avance ces dernières années, c’était il y a 2 mois quand j’ai acheté des billets iDTGV à pas cher dès la mise en vente, soit six mois en avance, pour partir en vacances une semaine chez mes grands-parents à Fréjus pour voir ma famille. Mal m’en a pris, après les événements récents j’ai fini par les échanger (en repayant au passage évidemment). J’irai donc plutôt voir mes parents à Perpignan. Autant pour l’anticipation à six mois.

Je suis incapable de prévoir à l’avance, et je vis ma vie mois après mois. Incapable d’épargner le moindre euro, chaque salaire en début de mois rebouchant le découvert atteint le mois précédent. Pour preuve, mes comptes de 2012. J’ai commencé au 1er janvier 2012 à -316,07 EUR. J’ai terminé au 31 décembre 2012 à -189,09 EUR. Vous me direz, y’a du progrès, je suis moins à découvert. Certes. Mon seul produit d’épargne est un livret A avec pas tant que ça d’argent dessus. Alors quand je reçois La lettre de la Banque Postale (bah oui, évidemment je suis à la banque des pauvres) avec mon relevé de compte chaque mois, où ça parle de plan épargne logement, d’assurance vie, d’épargne retraite ou autre, ça m’en touche une sans faire bouger l’autre…

Non, je n’ai aucun projet d’avenir. Je vis au jour le jour. Et je me sens incapable de planifier un futur qui est forcément incertain. De quoi demain sera fait, je n’en sait rien. De quoi mon demain sera fait, je suis incapable de l’imaginer. Et je ne sais absolument pas ce que je veux pour moi dans l’avenir. Je sais ce que je ne veux pas. Je ne veux pas d’enfants. Je ne veux pas me marier. Ce sont deux certitudes. Et encore. Penserai-je la même chose dans 2, 5, 10 ans ? Je n’en ai aucune idée.

Alors pour l’instant, je me sens un peu perdu au milieu de tout. Professionnellement, je suis dans la même boîte depuis 3 ans et demi, j’étais la renaissance du bureau de Paris, je l’ai vu grandir, avec des gens qui sont arrivés autour de moi, puis rétrécir quand plusieurs départs se sont enchaînés, et nous sommes partis pour re-grandir, nous réorganiser. Je me laisse porter par le mouvement dans l’entreprise. Je progresse, j’accède à de nouvelles fonctions, mais était-ce parce que plusieurs mois plus tôt je me projetais là où je suis actuellement ? Absolument pas. Je laisse la vie me mener.

Je vois les gens vivre autour de mois. J’ai l’impression qu’eux sont sur un trajet défini, qu’ils savent où ils vont, où ils veulent aller. Moi je m’adapte au fur et à mesure, je suis le courant. Je me sens simple figurant dans la vie des autres, plutôt qu’acteur de ma propre vie.

Ai-je envie que ça change, je ne pense pas. Pas pour l’instant. Je n’avais encore pas vraiment réfléchi à mon mode de vie ainsi. Mais cette question soulevée de devoir planifier un projet de développement personnel, ça me fait grave flipper. Je ne me sens pas prêt à changer ma façon de penser, d’envisager les choses. Pour moi le futur est tellement hypothétique. Non, pas hypothétique. Imprévisible.

Je crois que ça date de quelques années maintenant. Quand j’étais étudiant, mon but était d’obtenir mon Master, puis par la suite de trouver un emploi pour vivre correctement, ne plus dépendre de mes parents. Voilà, ça c’est fait, depuis trois ans et demi, et maintenant ? Je fais quoi ? À quoi mène ma vie ? Qu’est-ce que je veux maintenant ? Je n’en sais rien.

Je n’ai aucun objectif dans ma vie. Ni professionnel, ni personnel. Je ne vais nulle part, et partout à la fois. Je suis là, dans le décor de la vie des autres, de passage pour plus ou moins longtemps dans le film de ceux qui savent où ils vont. Mais pour moi, je ne veux pas écrire de scénario. Laissons ma vie n’être qu’improvisation jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, année après année… Et on verra bien où ça me mène.

C’est déprimant, mais après tout le seul choix logique à faire. Le meilleur moyen de ne pas être déçu n’est-il pas de ne rien attendre de la vie ?

#643 De la famille, de l’égalité et des manifs

#643 De la famille, de l'égalité et des manifs

Jeudi 24 janvier. La manifestation pour l’égalité, c’est dans trois jours. 22h12, soudaine envie d’écrire. 22h13, je me pose dans mon canapé, j’allume TSF Jazz, pose mon ordinateur sur les genoux et l’allume.
D’abord, besoin de faire un point sur ce qui s’est passé après l’e-mail envoyé il y a deux semaines à mes contacts au sujet de la manif homophobe du 13 janvier et de celle encore à venir ce dimanche.
Il s’est passé quoi à part la réponse de ma mère citée dans les commentaires de l’article précédent ? Les seules réponses que j’ai reçues par e-mail dans les 24 heures qui ont suivi venaient de personnes pro-égalité, m’assurant de leur soutient et, pour ceux qui le pouvaient logistiquement, de leur déplacement soit à Paris ce dimanche, soit dans les manifestations organisées en province. Vu l’état dans lequel j’étais, ça m’a réchauffé un peu le cœur.
Deux jours plus tard par contre, la descente de morale, avec les premiers autres retours de la famille. Extraits (je graisse les passages les plus contradictoires) :

De ma tante, par e-mail :

Avant toute chose, tu sais que je connais ton homosexualité depuis maintenant de nombreuses années. Et après ? cela n’a absolument pas remis en cause l’affection que j’ai pour toi. Qui suis-je pour te juger ? De quel droit le ferais-je ?

[…]

- Pour faire vite sur ce sujet, voici ce que je pense : je suis loin d’être favorable au mariage homosexuel mais si je n’y suis pas fondamentalement opposée. En revanche, sache que je suis totalement opposée à la procréation assistée ainsi qu’à l’adoption d’enfants par un couple homosexuel.
Il serait bien puérile, stupide et réducteur de voir ici une quelconque homophobie de ma part. Mais ce genre de jugement cadre parfaitement dans le discours entendu à maintes reprises dont on nous rebat les oreilles et que tu tiens.
[…]

- Penses-tu que tu puisses décider, seul, du relationnel à avoir avec les personnes (… de ta famille) ? Sans avoir jamais abordé ton homosexualité, tes envies, tes avis sur une telle question directement avec moi ? Sans avoir pu entendre mes arguments ? Même si nous ne sommes pas en phase sur ce débat, tu remets en cause nos liens de famille ? Si oui, tu fais fausse route Loïc : je ne suis pas ta copine, je suis ta tante.

Voilà, ma tante, sous prétexte que le fait de me savoir homosexuel n’a pas changé son affection pour moi se prétend non-homophobe. C’est du niveau d’une Nadine Morano. Oui tata, tu es homophobe. Tu ne l’admets pas, mais tu es homophobe. J’aurais préféré que tu assumes. Tu es aussi homophobe que tu es raciste pour tous les propos que j’ai pu t’entendre tenir lors de mes diverses visites familiales depuis de nombreuses années. Et ce n’est pas parce que tu dis l’inverse que tu ne l’es pas.

Concernant le dernier paragraphe, mais évidemment que je n’ai pas abordé ce sujet là en famille ! Parce que je savais déjà que c’était cause perdue. Je sais qu’une partie de ma famille, dont tu fais partie, est homophobe et raciste, vote FN, et qu’il est inutile d’aborder tout sujet politique lors des réunions de famille. Évidemment qu’à Noël je me suis abstenu de mettre le sujet sur la table. Noël n’est pas sensé être la période où tout le monde fait semblant de s’aimer ? Une chose est sûre, je ne ferai plus semblant avec toi Tata. Oui je considère que les liens du cœur valent plus que les liens du sang et je peux décider unilatéralement que nous n’avons pas grand chose à nous dire, que je préfère entretenir mes relations avec des personnes qui partagent mes avis sur des questions aussi importantes à mes yeux.

De ma cousine (la fille de cette tante), par sms :

Je pense que chacun est libre de ses opinions politiques et de ses choix personnel. Il me semble que jamais personne dans la famille n’a été écarté ou « rayé » de la liste à cause de ses différences et de ses choix de vie. Sache que je suis fondamentalement et définitivement contre le mariage et l’adoption des couples homosexuel, cela ne veut pas dire que je suis homophobe ou que je ne respecte pas les homosexuel mais juste que mon schéma familial est différent. Je ne manifesterai pas dimanche car je n’en ai pas le temps mais mes idées correspondent au thème de la manifestation.

Bien, dans ce cas oui, ce sera une première dans la famille. J’innove ! Et comme ta mère, ce n’est pas parce que tu prétends ne pas être homophobe que tu ne l’es aps !

Heureusement, toute ma famille n’est pas à jeter. Mon autre tante du même côté, que j’ai eu au téléphone un peu plus tard, n’a, elle, pas été choquée par le message, et approuve mon engagement militant. Quand à l’aînée de ses deux filles, une autre de mes cousines donc, elle vient à Paris ce week-end et marchera avec nous ce dimanche.Ah, et elle est hétéro. Fier de ma cousine hétérosexuelle solidaire !

Et pour la suite ? Dimanche ne sera qu’une étape. Nous serons un certain nombre dans la rue à défendre l’égalité pour tou-te-s. Quel que soit le nombre, nous ne pourrons pas nous arrêter là. L’homophobie sera toujours présente dans tous les média jusqu’à l’adoption définitive du projet de loi. D’ici là, d’autres manifestations anti sont déjà en train de s’organiser. Il va encore falloir avoir plusieurs fois envie de vomir en voyant autant de gens, donc certains de notre entourage, défiler pour essayer de faire valoir que nous, qui ne demandons qu’à être égaux aux yeux de la loi, nous ne vaudrions pas la peine d’avoir les mêmes droits qu’eux.

Ce débat m’épuise moralement. Il révèle la vraie nature de certaines personnes. Il détruit des liens. Mais nous ne céderons pas pour autant. Nous serons dans la rue ce dimanche, et à chaque fois qu’il le faudra. Nous ne les laisserons pas gagner.

Liberté, Égalité, Fraternité.

Nous serons libres de choisir si nous voulons nous marier ou pas.

Nous serons égaux devant la loi.

Mais pour ces personnes qui répandent la haine, non, je ne pourrai plus être fraternel, eussent-elles été des ami-e-s, fussent-elles de ma propre famille.

 

#642 Appel pour le 27 janvier

#642 Appel pour le 27 janvier

Voici le texte que j’ai envoyé ce jour par e-mail à mes contacts. Quitte à prendre le risque de me froisser définitivement avec certaines personnes de ma famille.

Ce texte a été écrit entièrement par moi. Vous pouvez (et je vous y encourage) librement le copier, l’adapter, et le transférer à qui vous semble.

 

Objet: Le 27 janvier, dites non à la haine et oui à l’égalité

Cher-e-s tou-te-s,

Le 13 janvier va avoir lieu dans les rues de Paris une manifestation de haine nationale. À l’appel d’associations homophobes, de l’extrême droite, ou d’extrêmistes religieux, plusieurs milliers de personnes ont prévu de marcher dans les rues de la capitale pour s’opposer au projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption de manière égale à tous les couples.Brandissant des arguments mensongers, moyenâgeux ou religieux, ces personnes prétendent que certains couples devraient rester privés du droit de sceller leur union par le mariage, que ces couples ne sont pas égaux aux couples formés d’un homme et d’une femme. Beaucoup de ces personnes déclarent « Je ne suis pas homophobe, mais… » Il n’y a pas de mais ! Considérer qu’un couple homosexuel doit avoir moins de droits qu’un couple hétérosexuel, c’est déjà de l’homophobie. Nous avons assez entendu de ces conneries !
Je vous invite, si vous le pouvez, à venir manifester le dimanche 27 janvier à partir de 14h, afin de montrer que vous non plus vous ne tolérez pas cet amas de haine et d’homophobie. Venez montrer que vous aussi vous souhaitez que soit respectée notre constitution : la France est un état laïque et sa devise est « Liberté, égalité, fraternité »

Le 27 janvier, venez refuser que les cultes religieux s’immiscent dans les affaires de l’État. Venez prouver que le mot « Égalité » dans la devise de notre pays ne vaut pas moins que la Liberté ou la Fraternité.

Le 27 janvier, venez manifester pour les bonnes raisons. Pour que tous les couples soient égaux en droits aussi bien qu’en devoirs. Parce que ne pas dire non à l’homophobie, et laisser la haine du 13 janvier sans réponse, c’est accepter l’homophobie.

Si vous avez toute question sur le projet de loi, n’hésitez pas à me les poser. Si vous avez entendu dire que le projet de loi amènera telle catastrophe sur notre pays ou dans notre société, c’est très probablement une connerie infondée. Par exemple, non, les mots père et mère ne seront pas supprimés du Code Civil. Non, une amélioration du PACS ne serait pas suffisante, car cela resterait une non-égalité des couples devant la loi. Renseignez-vous sur la réalité, ne laissez pas certains vous laver le cerveau sans prendre la peine de penser par vous même.

J’espère sincèrement vous croiser le 27, à partir de 14 h à Denfert — Rochereau, Paris.

Pour celles et ceux qui ne pourraient vous déplacer à Paris, rendez-vous sur www.agissonspourlegalite.fr afin de découvrir les autres manifestations près de chez vous.

[moi]

PS: si j’apprenais que vous alliez participer à la manifestation du 13 janvier à Paris où à un autre rassemblement similaire en province, il vous sera absolument inutile de m’adresser la parole à l’avenir. Vous opposer au mariage pour tous les couples, c’est vous opposer à moi.

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#641 ÉGALITÉ

#641 ÉGALITÉ

Constitution de la République française

Article 1er, premier alinéa :

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.

Article 2, quatrème alinéa :

La devise de la République est « Liberté, Égalité, Fraternité ».

 

Égalité. C’est tout ce que je veux.

Je ne veux même pas me marier. Mais je veux avoir le choix. Le même choix qu’ont fait ma sœur et mon beau frère, de ne pas se marier pour acheter leur maison et y élever leur enfant. S’ils le voulaient, ils pourraient se marier. Parce qu’ils sont hétérosexuels.

Je suis célibataire. Si je rencontrais quelqu’un avec qui je voulais monter un projet, acheter une maison, moi aussi je voudrais avoir le choix entre différentes options. Si je le voulais, je ne pourrais pas me marier avec la personne que j’aime. Parce que je suis homosexuel.

J’en ai marre d’être considéré comme un sous-citoyen. Pour l’instant, la loi dispose que mon amour pour un autre homme ne pourrait pas valoir autant que l’amour d’un homme pour une femme, ou inversement d’une femme pour un homme. Eux, les hétérosexuels ont le droit de se protéger pour l’avenir en célébrant leur union devant le maire. Moi, si je voulais sceller mon amour, je n’aurais pour le moment droit qu’à une signature au tribunal avec des conditions différentes.

J’en ai marre d’être considéré comme une erreur de la nature par certaines catégories de personnes. Non, il n’y a rien de contre-nature à aimer quelqu’un du même sexe que soi. L’homosexualité existe depuis toujours, chez l’homme comme chez de nombreuses espèces animales. L’homosexualité existait très certainement avant que l’homme n’invente dieu pour expliquer ce qu’il ne comprenait pas.

J’en ai marre d’entendre et lire des personnes s’opposer à l’ouverture du mariage pour les couples homos et prétendre qu’elles ne sont pas homophobes. Si vous pensez que notre amour ne mérite pas la même reconnaissance que celui des hétéros, alors oui, vous êtes homophobes.

J’en ai marre d’entendre dire qu’il faut « un débat national » ou « un référendum ». Le débat existe depuis déjà depuis la création du PACS en 1999, et même avant. L’ouverture du mariage à tous les couples était un engagement clair du candidat Hollande à l’élection présidentielle de 2012. Engagement répété lors des élections législatives qui ont suivi. M. Hollande et la gauche, porteurs du projet sont arrivés en tête lors de chacune de ces élections, il est normal que leur programme prévu soit appliqué.

J’en ai marre d’entendre les religieux se plaindre de la destruction de l’institution du mariage. Nous sommes dans un état laïque. Les droits doivent être les mêmes pour tous, quelle que soit leur religion. Chaque couple doit avoir le droit de bénéficier des mêmes avantages, point. Chaque religion restera libre de rester homophobe et de ne pas reconnaître l’amour de deux personnes, en refusant de célébrer des mariages entre personnes de même sexe. Libre à eux. La France respecte les choix religieux de chacun. Mais que les religions respectent alors la République et cessent de vouloir immiscer leur homophobie dans le code civil.

J’en ai marre d’avoir limite envie de vomir chaque matin en lisant des arguments plus douteux les uns que les autres contre l’ouverture du mariage et de l’adoption à tous les couples.

Parce que j’en ai marre que mes droits ne soient pas égaux à ceux d’autres citoyens, je marcherai le dimanche 27 janvier. Si tu n’es pas homophobe, rejoins-nous.

Le pire dans cette histoire, c’est que je sais que l’ouverture à tous du mariage et de l’adoption ne sera qu’une bataille que nous gagneront dans cette guerre sans fin contre l’homophobie. Parce que quoi que nous fassions, quoi que nous gagnions, il restera toujours des cons sur cette planète.

#640 Hypocrisie sociale et non-événement

#640 Hypocrisie sociale et non-événement

tagueule

Chaque fois, c’est la même chose. Sous prétexte de changement d’année, tout le monde se mets à souhaiter une bonne année ou des meilleurs vœux à chaque personne qu’il croise. Cette hypocrisie m’énerve. Et pourtant, pour la convention sociale, j’y participe avec mes clients et mes fournisseurs depuis une semaine; pour éviter la crise familiale, j’ai multiplié les coups de téléphone aujourd’hui…
Ce sera tout. Aux vœux sms reçus de certains, je renverrai un bisou sms pour les remercier de leur bonne intention.

Quand à célébrer le nouvel an avec une soirée dédiée remplie d’alcool et/ou de décadence, avec trop de monde, comme l’an dernier je n’en avais pas envie. Aussi, je n’ai absolument pas cherché à faire quoi que ce soit. J’ai pas cherché de soirée à laquelle participer. Je n’ai pas eu le besoin de décliner d’invitation à des soirées, n’en ayant point reçu (à l’exception de la tentative BR, j’espère que vous vous êtes amusés) (j’aime à penser que mes ami-e-s qui en organisaient me connaissaient suffisamment bien pour savoir que je préférais ne rien faire). Comme l’année dernière, j’avais donc prévu de ne rien faire de spécial, juste un ciné suivi d’une errance dans Paris. Clément s’étant joint à moi dans l’objectif de ne rien faire, le programma a été revu comme une reproduction de notre traditionnel #CinéCredi, à savoir séance ciné puis #bouare à la Panfoulia (mes followers sur Twitter, vous devriez l’avoir déjà deviné). Mon colocadoré s’est finalement joint à nous au dernier moment, et le plan a été parfaitement exécuté. Juste ce qu’il me fallait, une soirée ordinaire pour finir un jour presque ordinaire (si on oublie le fait que je suis sorti du taf à 15h au lieu de 18h).

 

#639 Nexus 7 et Debian 7 (Wheezy)

#639 Nexus 7 et Debian 7 (Wheezy)

Comme indiqué dans mon précédent billet, j’ai fait l’acquisition récente de la tablette Nexus 7 de Google et Asus. Si la tablette est relativement autonome dans son fonctionnement grâce aux services Google, dont notamment Google Play Music qui permet de rapatrier sa musique depuis le cloud plutôt que de la transférer à la main depuis l’ordi, il reste plus pratique et plus rapide pour les vidéos et autres fichiers volumineux de les transférer en USB plutôt qu’en wifi.

Mon ordinateur principal (Rex) tournant sous Debian 7 Wheezy (actuelle version Testing, qui devrait passer en stable dans les prochains mois), il m’a fallu faire quelques manipulation avant de pouvoir transférer des fichiers vers la tablette.

Comme la Nexus 7 utilise le protocole MTP pour le transfert de fichiers, la solution la plus simple va être d’installer la librairie permettant d’utiliser ce protocole sur l’ordi (libmtp) et les outils associés (mtp-tools), ainsi qu’une interface graphique (gMTP).

Reconnaissance de la tablette par udev

Mais d’abord, on va s’assurer que la tablette est correctement reconnue et que les utilisateurs sont autorisés à y accéder, en ajoutant une règle à udev, le démon gérant les périphériques de l’ordinateur.
Pour cela, on ajoute un fichier dans le dossier des règles chargées au démarrage de l’ordinateur (on pourra aussi demander à udev à la prendre en compte directement sans rebooter) :

sudo nano /etc/udev/rules.d/51-android.rules

Remarque : je pars du principe que sudo est activé pour ne pas utiliser le compte root (sinon vous savez normalement ce que vous faites) et que l’on est sur un compte autorisé à utiliser sudo pour les opérations d’administration

Dans le fichier, on ajoute les deux lignes suivante, en remplaçant « votre_nom_dutilisateur » par son propre nom d’utilisateur.

# Protocola MTP sur la Nexus 7 :
SUBSYSTEM=="usb", ATTR{idVendor}=="18d1", ATTR{idProduct}=="4e41", MODE="0777", OWNER="votre_nom_dutilisateur"

Remarque : pour une raison qui m’échappe, malgré le MODE 0777, je n’arrive pas à faire fonctionner gmtp sans ajouter l’OWNER.

On enregistre le fichier ([Ctrl] + o) et on le ferme ([Ctrl] + x), puis, plutôt que de redémarrer l’ordi, on demande gentiment udev de recharger sa configuration incluant la nouvelle règle :

sudo /etc/init.d/udev reload

Désormais, lorsqu’on branche la Nexus 7 en mode MTP, udev la reconnait et autorise l’utilisateur à y accéder avec toutes les permissions.

Incompatibilité avec ADB

ATTENTION ! Afin de pouvoir transférer des fichiers sur la tablette, il est nécessaire que celle-ci soit bien connectée en mode MTP et reconnue en tant que tel par l’ordinateur. L’ordinateur ne reconnaissant qu’un seul protocole à la fois, il est important que le débogage USB (utilisé pour adb) soit désactivé. En effet, celui-ci fait reconnaître la tablette sous un autre identifiant USB (voir plus bas).

Si jamais lors de la connexion en USB, les notifications affichent « Débogage USB activé » comme ceci :

alors la tablette ne sera disponible sur l’ordinateur que pour l’utilisation des outils basés sur ADB et il est nécessaire de désactiver cette option.
Pour cela, cliquer sur la notification et décocher la case en face de « Débogage USB » :

Pour vérifier que la tablette est reconnue selon le bon protocole sur l’ordinateur, lorsqu’elle est branchée en USB, lancer la commande

lsusb

et vérifier que l’une des lignes liste

Bus xxx Device zzz: ID 18d1:4e41 Google Inc.

Si au lieu de 4e41 vous avez 4e42, c’est que le débogage USB est activé. Si vous avez 4e40, c’est que vous êtes en mode fastboot.

Installation et utilisation de gMTP

Une fois que la tablette est correctement reconnue, avec udev configuré pour autoriser l’utilisateur à agir dessus, il va désormais être possible d’utliser gMTP.

On commence donc par l’installer avec toutes les librairies nécessaires :

sudo apt-get install libmtp9 mtp-tools gmtp

Une fois l’installation terminée, on branche la tablette et on lance gMTP (par exemple par [Alt]+[F2] puis on tape « gmtp » ou en le cherchant dans la liste des logiciels dans le menu Activités de GNOME) :

On clique ensuite sur le bouton « Connecter », puis on attend un peu le temps que la connexion s’établisse entre l’ordi et la tablette. Sur mes deux ordis, il faut selon les fois entre 10 et 30 secondes pendant lesquelles le logiciel peut paraître planté, mais en étant patient, gMTP finit par afficher les dossiers et fichiers présents sur le téléphone :

Il suffit alors de naviguer dans l’arborescence pour ouvrir le dossier souhaité, puis les fichiers peuvent être copiés par glisser-déposer depuis une fenêtre de Nautilus.

Voilà, il n’y a plus qu’à profiter des performances de la Nexus 7 pour lire toutes les vidéos souhaitées qui sont autrement plus rapides à transférer de cette façon plutôt que par wifi :)

Bonus bidouille

Pour ceux souhaitant bidouiller la tablette, ajoutez également les deux règles suivantes dans
/etc/udev/rules.d/51-android.rules
pour permettre de reconnaitre et autoriser la tablette à être accédée sous ses différents identifiants de produit selon le protocole activé :

# fastboot sur la Nexus 7
SUBSYSTEM=="usb", ATTR{idVendor}=="18d1", ATTR{idProduct}=="4e40", MODE="0600", OWNER="votre_nom_dutilisateur"
# adb sur la Nexus 7
SUBSYSTEM=="usb", ATTR{idVendor}=="18d1", ATTR{idProduct}=="4e42", MODE="0600", OWNER="votre_nom_dutilisateur"

#638 Une semaine avec la Google Nexus 7

#638 Une semaine avec la Google Nexus 7

Présentée lors de la conférence Google I/O de juin dernier, la tablette Nexus 7 (construite par Asus) est enfin sortie en France fin août en version 16 Go. Alors que les rumeurs indiquaient une sortie pour le 3 septembre, c’est la Fnac qui a dégainé la première, avec des premières commandes livrées dès le jeudi 23 août, suivie de près par d’autres enseignes (Darty, Boulanger…) puis par la disponibilité directe auprès de Google sur le Play Store dans le courant de la semaine passée (et où il est possible de commander la version 8 Go).


Adhérent Fnac avec la carte 3 ans, je bénéficie de la réduction permanente de 5% sur les produits High Tech (à quelques exceptions près) et j’ai donc commandé ma Nexus 7 chez eux, choisissant l’option de livraison dans un magasin pour éviter de jouer à « Attrape moi si tu peux » avec un livreur Coliposte et devoir attendre 3 jours pour récupérer mon colis à La Poste. Je suis donc allé récupérer mon paquet en magasin le vendredi 24 août après le travail. J’ai donc eu un peu plus d’une semaine pour apprivoiser la bête.

Avant de faire mon rapport après une semaine d’utilisation, un petit topo sur les raisons pour lesquelles j’ai été convaincu d’acheter la N7. Mon objectif avec l’achat d’une tablette est de remplacer Lemon, mon ordinateur portable déjà âgé de plus de 4 ans et demi, dans la majorité de ses usages. Depuis que j’ai renouvelé mon ordinateur fixe au printemps, je me sers à nouveau beaucoup de celui-ci et Lemon se retrouve donc limité à un usage canapé (Web et réseaux sociaux en parallèle de la télé) ou à être emporté en vacances pour un usage minimal. Il me fallait donc un appareil léger et plus maniable qu’un ordinateur portable pour l’usage canapé, et suffisamment polyvalent pour remplacer un minimum l’ordinateur pendant les vacances et/ou voyages où je n’emporterais pas Lemon. Alors que je doutais de l’avantage réel d’une tablette de 10,1“ par rapport à un netbook, le format 7“ de la Nexus 7 m’a semblé correspondre plus au besoin de légèreté et mobilité que je recherchais pour mon usage.

Le 24 août je me suis donc rendu à Bercy pour récupérer mon paquet en magasin et suis rentré chez moi où j’avais une petite heure pour découvrir la chose avant de devoir repartir. J’ai limite été un peu déçu de la facilité d’ouverture et de déballage. En effet, la première version du packaging de la Nexus 7 semblait être assez complexe à ouvrir :

Google et Asus on semble-t-il tenu compte des premiers retours et adapté le packaging en ajoutant des encoches supplémentaire pour faciliter la désolidarisation des deux parties de la boîte, et il y a moins de scotchs.

J’ai donc facilement sorti la tablette de son emballage puis après avoir soigneusement lu les différents documents fournis (conditions de garantie et guide de démarrage rapide [très rapide même]), j’ai fait un rapide tour de la N7 éteinte. Les finitions extérieures sont très soignées, le poids et les matériaux de la tablette donne une impression de qualité bien supérieure aux plastiques de Samsung, partenaire de Google pour les téléphones Nexus S (celui que je possède) et Galaxy Nexus (le successeur).

Même si les photos et commentaires en ligne étaient déjà prometteurs, j’ai été très agréablement surpris par la surface arrière, en plastique caoutchouté dont le but était de rappeler le cuir des gants de course de Steeve McQueen. Cette surface est très agréable au toucher et assure un bon confort de prise en main.


La face arrière simili-cuir

Parlant de la prise en main, le format de 7 pouces est également très pratique puisqu’il permet de tenir facilement la tablette d’une seule main aussi bien en mode portrait que paysage, sans que le poids ne gêne en ayant tendance à faire basculer la tablette vers le côté non retenu comme c’était le cas sur les 10,1 pouces que j’avais pu avoir entre les mains. La façon de tenir la tablette selon le type d’utilisation m’est venue naturellement, sans réfléchir à comment il serait mieux de la prendre.

La batterie était chargée à environ 40 %, permettant de ne pas avoir à attendre un temps minimal de rechargement avant de commencer à utiliser l’appareil. L’expérience « Pure Android » de la gamme Nexus de Google est parfaite. On allume, ça démarre, la tablette demande de nous connecter à un réseau wifi puis de se connecter à son compte Google. Le reste de la configuration est automatique. À noter que si d’autres appareils Android sont liés au même compte Google et qu’on avait coché la case appropriée pour sauvegarder certaines données dans le compte Google, on les retrouve automatiquement sur la tablette. Ainsi, j’ai pu récupérer sur ma Nexus 7 les clés wifi des réseaux enregistrés avec mon Nexus S. De la même façon, lorsque j’ai du réinitialiser la tablette en configuration d’usine au bout de quelques jours pour déverrouiller le bootloader avant de la rooter, j’ai récupéré automatiquement le fond d’écran que j’avais paramétré auparavant, et toutes les applications que j’y avais installées se sont automatiquement retéléchargées depuis le Play Store.

Concernant l’utilisation, aucun souci. Mon téléphone étant déjà un Nexus, l’interface d’Android 4 n’avait plus de secret pour moi et j’avais déjà découvert les petites nouveautés apportées par Android 4.1 (Jelly Bean) depuis un mois. En revanche, même si j’avais déjà vu les effets du « Project Butter » de Jelly Bean (visant à améliorer la fluidité générale du système) sur le Nexus S, un téléphone datant déjà d’un an et demi, j’ai été bluffé par la Nexus 7. Tout est extrêmement fluide et rapide. Je n’ai relevé aucun ralentissement. On navigue très bien dans le système, entre les différents bureaux et applications, même avec moult applications laissées en cache en arrière plan.

J’ai d’abord eu mes doutes quant au choix de Google d’avoir conservé un launcher bloqué en vertical à l’interface quasi-identique à la version téléphone plutôt que l’interface « tablette » qu’on avait vue depuis Android 3 sur les tablettes de 9“ et plus, mais après une semaine d’utilisation, je réalise qu’effectivement, avec ce format, j’utilise la tablette principalement en mode vertical, à l’exception des jeux et des vidéos. Que ce soit pour tweeter, pour consulter Google+ ou Facebook, ou pour d’autres applications, je vais être en vertical dans 95 % des situations. Y compris pour le Web, avec Chrome qui remplace ici directement le navigateur par défaut d’Android sans qu’il soit nécessaire d’aller le télécharger sur le Play Store.

Si Chrome remplace le navigateur allégé de l’AOSP, j’ai retrouvé avec plaisir toutes les autres applications Google, qui se sont configurées automatiquement avec mon compte Google : Gmail, Google Talk, Google+, Maps, Earth, Currents (Flux d’actu), Play Books (Livres), Plays Movies (Films), Play Music (Musique), YouTube et évidemment le Play Store ou j’ai pu aller récupérer les autres applications que j’ai l’habitude d’utiliser. Et bien sûr, sans avoir à racheter les applications déjà payées pour mon téléphone, puisque les achats sont liés au compte Google et non à un appareil.

Depuis que j’ai obtenu ma tablette, je n’ai quasiment pas utilisé mon ordi portable. À l’exception d’une fois où j’ai eu besoin de vérifier quelque chose de spécifique sur Debian Sid, Lemon est resté éteint toute la semaine jusqu’à ce que je le rallume ce soir pour écrire cet article. La Nexus 7 remplit donc parfaitement l’objectif recherché d’utilisation canapé. J’ai eu l’occasion de la tester également pour regarder des vidéos de divers format et avec un bon couple VLC et MX Player, on peut lire à peu près n’importe quoi.

Enfin, un point sur l’autonomie : alors qu’elle est annoncée avec une autonomie d’environ 9h30 en utilisation normale, après un chargement à 100%, j’ai pu attendre 3 jours avant de devoir recharger la tablette, dont près de 11 heures d’utilisation effective entre vidéo, jeux et réseaux sociaux. La tablette laissée allumée et non utilisée pendant un moment semble passer dans un mode de sommeil profond où elle ne consomme presque rien, même avec le wifi activé et les applis en fond restant disponibles pour les notifications qui arriveraient en push. Donc une très bonne surprise pour la capacité de la batterie.
Cette longévité plus importante que prévue peut éventuellement venir du fait que j’ai pour l’instant bloqué la luminosité de l’écran au minimum au lieu d’utiliser la luminosité automatique. N’utilisant la tablette qu’en intérieur, je n’ai pas vraiment besoin d’une luminosité maximale pour les principales utilisations. Même au minimum, l’écran reste bien visible.


Luminosité minimale


Luminosité maximale

Le seul vrai point que l’on pourrait reprocher à la N7 est le manque d’un appareil photo arrière. Si la webcam avant de 1,3 MPixels est largement suffisante pour des appels vidéos par Google Talk ou Skype, elle n’est pas vraiment pratique pour scanner des codes barres ou des QR codes, d’autant qu’elle ne dispose pas d’autofocus. Après il est vrai que pour prendre des vraies photos, il y a des appareils bien plus appropriées, genre des vrais appareils photo (ou accessoirement des smartphone).

L’autre point négatif est l’espace de stockage un peu limité. Sachant que sur les 16 Go, le système en occupe déjà 2,5 Go, ne laissant que 13,5 Go de disponible pour stocker les applications et toutes les données. Pas vraiment de quoi stocker une saison entière de série en HD. Cependant, le problème peut être contourné en utilisant un câble USB On-The-Go pour brancher des clés USB. En ayant rooté la tablette on peut alors lire et écrire sur les clés USB. Cette capacité limitée n’est donc pas un problème. Au moins sur le modèle 16 Go où on dispose d’une marge de manœuvre suffisante. Ça risque tout de même d’être un peu juste sur le modèle 8 Go.

Concernant l’espace de stockage toujours, il faut signaler que, à l’instar du Galaxy Nexus, la connexion de la tablette à un ordinateur se fait en mode MTP (Media Transfer Protocol) et non plus en mode UMS (stockage de masse USB). Ceci a l’avantage qu’il n’est pas nécessaire que l’espace de stockage « sdcard » soit démonté de la tablette pour être rendu disponible à l’ordinateur. sdcard n’est en l’occurrence qu’un dossier de la partition des 13,5 Go disponibles pour l’utilisateur. Ainsi il n’est plus nécessaire de jongler avec les applications à installer entre la mémoire interne et la mémoire SD, l’ensemble de l’espace de stockage est commun aux applications, à la musique, aux vidéos, au cache du navigateur Web, etc. L’inconvénient de ce protocole (car il faut bien qu’il y en ait un), c’est qu’il n’est pas parfaitement géré out of the box sous GNU/Linux et quelques manipulations sont nécessaires pour pouvoir transférer des fichiers entre la N7 et l’ordinateur. [Je ferai un tuto pour Debian Wheezy plus tard]

Pour faire un bilan, je suis totalement satisfait de mon achat. Pour quelqu’un qui utilise déjà un téléphone Android, la Nexus 7 s’apprivoise très rapidement, on retrouve toutes les applications Google et les autres applications tierces fonctionnent aussi bien. Pour 237,50 € (après réduction adhérent Fnac), j’ai exactement ce que je voulais, sans mauvaise surprise.

Il est à noter que pour le lancement de la Nexus 7, Google offre :
- un avoir de 20 € sur le Play Store valable sur les achats d’applications et les achats ou locations de films ;
- le film Transformers 3 (VF) ; et
- 3 livres : Candide, À la recherche du temps perdu, De la Terre à la Lune.

Voici une liste d’applications que je recommande :

  • Swiftkey 3 Tablet Keyboard : la version pour tablette du génialissime clavier prédictif Swiftkey, qui s’adapte à vos habitudes de frappe et améliore grandement la vitesse par rapport au clavier par défaut
  • StickMount : nécessite le root, permet de monter des clés USB via un câble OTG, et ainsi de passer outre la limitation des 16 Go de stockage
  • Nexus Media Importer : pour ceux qui ne veulent pas rooter leur tablette, permet de copier via un câble OTG le contenu d’une clé USB vers le stockage interne de la tablette
  • Camera Launcher for Nexus 7 : permet tout simplement d’ajouter l’application Camera par défaut d’Android dans la liste des applications de la tablette, celle-ci étant sinon inaccessible directement
  • Tablet Talk : permet de connecter une tablette et un téléphone sous Android afin de pouvoir consulter les SMS et en envoyer directement depuis la tablette.
  • MX Player : lecteur vidéo
  • VLC Beta : lecteur vidéo encore en version bêta, fonctionne plutôt bien, mais crashe régulièrement… vivement la version finale
  • Muffin Knight : un jeu très sympa où il faut ramasser des muffins